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Pilule et risque de thrombose veineuse : qu’en est-il ?

Thèmes Santé -> Femme
publié le 23/01/2012

Thrombose veineuse, phlébite : un risque rare sous pilule

Dès l’apparition des toutes premières pilules contraceptives au début des années 60, le risque de thrombose veineuse est un effet secondaire connu, certes potentiellement grave, mais également rare. C’est pourquoi le marché des contraceptifs oraux fait l’objet depuis toujours d’une surveillance et d’une réévaluation régulière.

A savoir : la thrombose veineuse (également appelée phlébite) désigne la formation d’un caillot sanguin dans une veine, entravant la circulation et pouvant favoriser la formation de varices. Il arrive que ce caillot se déplace et soit à l’origine de complications, dont l’embolie pulmonaire est la forme la plus grave...

Très récemment, un rapport (1) a conclu que le risque de thrombose veineuse est deux fois plus élevé chez les femmes qui utilisent une pilule de 3e génération (contenant du désogestrel, telles que cycléane, varnoline, ou du gestodène, telles que mélodia, harmonet, minulet) ou de 4e génération (contenant de la drospirénone, telles que Jasmine, Jasminelle, Yaz), par rapport aux femmes sous pilule de 2e génération (contenant du lévonorgestrel, telles que minidril, adepal…).

Voici les chiffres obtenus lors d’une réévaluation :

•L’accident thromboembolique veineux est d’environ 20 cas par an pour 100.000 femmes avec une pilule de 2e génération,
•de 40 cas par an pour 100.000 femmes avec une pilule de 3e ou 4e génération,
•de 5 à 10 cas pour les femmes qui ne prennent pas de pilule,
•et de 60 cas pour les femmes enceintes.

Le rapport bénéfice/risque de la pilule reste positif

Malgré tout, que les femmes se rassurent, « le rapport bénéfice/risque de la pilule reste positif, quel que soit le progestatif utilisé » nous assure l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps). Et en cas de doute, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin. Il réévaluera vos propres bénéfices et vos risques liés à votre pilule en fonction de votre profil.

Un large éventail de pilules pour une prescription personnalisée

Mais c’est l’occasion de rappeler que la prescription d’une pilule ne se fait jamais à la légère. Il existe des recommandations de prescription et d’utilisation qu’il convient de respecter. Lors de toute prescription de contraception, le médecin prend en compte les éventuels facteurs de risque et les contre-indications afin de choisir le contraceptif le mieux adapté à chaque femme.

Par ailleurs, l’éventail de contraceptifs aujourd’hui disponibles, notamment en terme d’associations estroprogestatives, permet de trouver celui qui correspond le mieux au profil hormonal précis de chaque femme, mais aussi le mieux toléré, et d’adapter le traitement pour une meilleure adhésion et ainsi faciliter l’efficacité de la contraception, en prévenant les oublis de pilule.


Oubli de pilule : un autre risque

En effet, c’est ici l’occasion de rappeler que le principal facteur de risque de grossesse non désirée est lié à l’oubli de pilule. Et qu’à côté d’un rare risque de thrombose veineuse, on dénombre encore dans notre pays 220.000 IVG par an, un chiffre stable depuis 30 ans, dont 50.000 chez des femmes qui prennent la pilule ! Rien d’étonnant, près de la moitié des femmes sous pilule déclarent l’oublier parfois, souvent ou régulièrement…

Pour aider les femmes à ne plus oublier leur pilule, différentes méthodes sont conseillées. La dernière en date est une application IPhone, gratuite, dénommée Pil’ à l’heure, qui en plus de vous faire penser à la prendre quotidiennement et à la bonne heure, divulgue des conseils précis en cas d’oubli selon le nom de la pilule renseignée (en scannant le code barre). 


Article publié par Isabelle Eustache le 13/01/2012 - 11:44 e-sante.fr

Sources : Point d’information de l’Afssaps, du 14 novembre 2011, « Contraceptifs oraux estroprogestatifs et risque de thrombose veineuse. (1) British Medical Journal (BMJ) du 26 octobre 2011.

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